Conférence Une Seule Santé, en pratique?

VetAgroSup-FNE-FSVF-HB-FRB-ASEF

DGAL - DGS

17 mars 2021

Videos de la conférence

Contexte de la conférence

La crise de la Covid-19 vient nous rappeler la complexité et toute l’incertitude des interactions entre la santé des humains et celle des animaux ainsi que des environnements globaux dans lesquels elle s’inscrit. Car ces êtres vivants que nous exploitons, sélectionnons ou protégeons semblent avoir échappé à notre contrôle, générant une pandémie mondiale et, avec elle, font peser une culpabilité sur la population humaine qui devient responsable, par ses impacts sur la nature, de l’émergence du virus et de sa diffusion rapide dans la majorité des pays du globe.

 

Cette crise a surtout engendré dans la population une angoisse, incarnée par l’expression « on ne va jamais en sortir ». En parallèle a été observé un foisonnement de fake news qui atteste d’un échec partiel de la communication de santé publique, alors même que l’urgence et la gravité de la menace auraient pu justifier toute mesure, même drastique. A partir de cet exemple de la Covid-19 qui a montré à la fois le pouvoir de la santé publique et sa faillibilité, le moment est venu de réfléchir notre modèle de gestion de la santé et de penser les contours d’une nouvelle gouvernance de la santé. 

Les maladies transmises aux hommes par les animaux, la qualité de l’alimentation, préoccupent de très longue date les professionnels de la santé comme les populations. Plus récemment, la pollution de l’air et de l’eau, les produits nocifs pour la santé, la résistance aux antibiotiques, les ondes inquiètent les citoyens qui interpellent les pouvoirs publics à toutes les échelles. Les méthodes de gestion de la santé, hier éprouvées, sont aujourd’hui questionnées ; s’agissant des risques émergents, elles sont peut-être à inventer. 

 

Sans doute faut-il remonter en amont, comprendre les interrelations, et se placer en prévention. "Le Programme de développement durable à l'horizon 2030", porté par l’ONU, se traduisant par des objectifs du développement durable (ODD), affirme dans son préambule : "Nous sommes résolus à libérer l’humanité de la tyrannie de la pauvreté et du besoin, à prendre soin de la planète et à la préserver". PRENDRE SOIN de la planète… en commençant par prendre soin du vivant ! Mais entre les régimes de gestion des risques développés dans différentes zones géopolitiques et leurs imaginaires particuliers, comment l’Europe peut-elle proposer un régime de préparation qui lui sera propre ?

 

Cette journée propose de contribuer à la réflexion sur les transitions vers un modèle plus préventif et durable, en mobilisant l’ensemble des parties prenantes pour continuer de co-construire des solutions et des recommandations d’action publique. Elle se nourrira pour cela à la fois des réflexions sur l’existant et des regards des praticiens, faisant alterner une phase de conférences plénières et des ateliers. Quelques thématiques ont été choisies pour ce premier rendez-vous. Pour illustrer la complexité du vivant à l’échelon microscopique, l’atelier 1 est consacré aux microbiotes. Mais il faut aussi penser cette complexité en la réinsérant dans les cadres organisationnels, économiques et d’aménagements qui ont été mis en lumière par la crise de la COVID 19. Sont notamment abordés dans les ateliers 2, 3 et 4, les liens entre agriculture et alimentation au cœur de l’émergence de pathologies infectieuses, la prise en compte plus intégrée de la faune sauvage et, enfin, les impacts d’un usage massif des biocides sur les résistances croisées. Notre réflexion gagnera enfin à combiner une réflexion sur les politiques publiques, notamment sur les liens entre les échelles d’action publique (territorial, national, européen et international) dans les ateliers 5 et 6, avec une analyse prospective de la formation des différentes parties prenantes à commencer par les professionnels de santé dans l’atelier 7. Par la réunion d’acteurs de divers horizons, la conférence propose de mettre en discussion notre modèle de gestion des crises sanitaires et de penser les contours d’une nouvelle gouvernance de la santé à l’échelon national, européen et international.

 

Programme de la conférence

Cette journée propose en particulier quatre niveaux de questionnement :

•Quelles sont les connaissances scientifiques en médecine humaine et vétérinaire, en écologie ou en sciences sociales qui fondent le débat ?

•Où en sont les politiques publiques dans les territoires ?

•Comment penser les relations entre initiatives locales, pilotage national et normes européennes et internationales ? 

•Quelle formation pour les décideurs et les professionnels de santé ?

 

Nous passerons donc d’un état de la science et des politiques publiques à des propositions, recommandations pour l’action, depuis la recherche jusqu’aux politiques locales, dans nos territoires, nos socio-écosystèmes.

 

Cette conférence permettra ainsi à différents acteurs de croiser leurs regards, entre scientifiques, décideurs et acteurs publics, dans une optique d’enrichissement mutuel, de façon à penser, les contours des politiques publiques.